Sciences sociales de l’enfance

Organisation : Wilfried Lignier, chargé de recherche au CNRS (CESSP), Julie Pagis, chargée de recherche au CNRS (IRIS). Abigail Bourguignon (doctorante à l’EHESS), Kevin Diter (post-doctorant à la CNAF), Holly Hargis (doctorante à l’EHESS), Hélène Oehmichen (doctorante à l’EHESS), Alice Simon (post-doctorante à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye) et Julien Vitores (doctorant à l’EHESS) participent à l’animation du séminaire.

S2, 6 ECTS (8 séances, 24 heures) 

Mercredi de 9h à 12h (salle à préciser, ENS, campus Jourdan, 48 bd Jourdan 75014 Paris), les 8 janvier 2020, 22 janvier, 5 février, 26 février, 4 mars, 18 mars, 1er avril, 22 avril.

Le séminaire est ouvert aux étudiant.e.s de toutes disciplines.

La validation de 6 ECTS implique une participation régulière aux séances et la remise d’une fiche de lecture portant sur 3 à 4 articles.

Description du séminaire : 

Puisque « le point de vue crée l’objet », on ne devrait jamais décréter a priori que tel ou tel aspect du monde qui nous entoure échappe, en lui-même, au regard des sciences sociales. D’un autre côté, peut-on oublier cette sorte de division spontanée du travail intellectuel qui veut que certains objets, pré-construits en société, paraissent pour ainsi dire relever naturellement de certaines disciplines (ou ensemble de disciplines) – et pas d’autres ? De ce point de vue, c’est peu dire que l’étude de l’enfance n’appartient pas aux sciences sociales. Lorsqu’il s’agit de parler publiquement (c’est-à-dire, entre autre, légitimement) des enfants, lorsqu’il s’agit d’expliquer comment ils grandissent, pourquoi ils pensent comme ils pensent, ou encore ce qui les pousse à agir, on attend bien moins le sociologue, le politiste, l’historien ou l’anthropologue que les divers « psy », les chercheurs en sciences cognitives, médicales ou biologiques.

Les sciences sociales n’auraient-elles rien à dire sur l’enfance et les enfants ? Elles n’ont en tout cas pas tout à fait rien dit. La vocation de ce séminaire est avant tout d’étayer ce constat, textes à l’appui. Au-delà, il s’agit de proposer un lieu pluridisciplinaire, où sont exposées et discutées des recherches aussi bien classiques que récentes, et où peuvent se forger des recherches à venir. L’enjeu est de décloisonner l’étude de l’enfance et de la socialisation, en partant du principe qu’un ensemble de travaux, certes dispersés par des inscriptions disciplinaires variées (sociologie, anthropologie, histoire, science politique, mais aussi sociolinguistique et psychologie culturelle), contribuent de fait à la constitution de véritables sciences sociales de l’enfance. Ce séminaire sera ainsi l’occasion d’envisager l’enfance sans oublier qu’il s’agit d’une réalité historiquement et socialement différenciée, qu’elle demeure cadrée par des dynamiques institutionnelles, qu’elle est constamment informée par des enjeux d’éducation et de reproduction, ou encore qu’elle appelle des méthodes d’enquêtes diversifiées et réflexives.

Renseignements : julie.pagis@cnrs.fr