Arpenter le politique - Terrains du conflit et de la légitimation

Johanna Siméant-Germanos

Vendredi 9:30-12:30 (8 dans l’année) à partir du vendredi 18 octobre 2019, Salle R 3 46, Campus Jourdan

Séances : 18/10, 8/11, 10/1, 31/1, 7/2, 13/3, 23/4, 15/5

Suivi et validation pour le master : Mensuel annuel (8x3 h = 24 h = 6 ECTS)

Ce séminaire de lecture entend échapper aux routines qui affectent aujourd’hui les sciences sociales au travers de cloisonnements disciplinaires et sous-disciplinaires accrus, et de stratégies scientifiques qui tendent à promouvoir des descriptions binaires des débats des sciences sociales pour pouvoir feindre de les dépasser. A cette situation correspondent aussi des choix d’objets empiriques de plus en plus contraignants dans un environnement de la recherche en tension, avec l’imposition soit de formes mécaniques de comparatisme international appuyées sur des bases de données pauvres, soit de choix d’objets empiriques délimités et restreints supposés illustrer, logique du projet oblige, une démonstration préprogrammée. En pâtissent certains projets de connaissance qui supposeraient davantage de tâtonnements, de rupture avec des objets déjà là, pour saisir des objets massifs qui ne tiennent pas dans une seule question et demandent des démarches coûteuses en temps et en énergie, individuelle ou collective.

La science politique, et plus exactement les sciences sociales du politique, n’échappent pas à ces effets de cloisonnements (sociologie des mouvements sociaux, des relations internationales, de l’action publique, des professionnels de la politique…) qui produisent mécaniquement de faux dépassements. Pourtant, certaines des recompositions les plus marquantes des formes du gouvernement contemporain nécessitent aujourd’hui de connecter des savoir-faire empiriques et des réflexes théoriques propres à des bibliothèques souvent très spécifiques : économie politique, sociologie des transformations des mondes professionnels, de la sous-traitance au secteur associatif, professionnalisation du militantisme politique, effets du new public management et des injonctions de certaines organisations internationales sur l’État, questions particulièrement travaillées dans les travaux d’études aréales… Comment, par exemple, penser l’action nationale et internationale de militants africains en prenant en compte leur connexion aux niches critiques du monde du développement – alors même que ce développement transforme aussi les formes de l’action, sans toutefois qu’il ne fasse de ces militants des idiots utiles de la mondialisation ? Que doivent les capacités de légitimation et de répression des régimes politiques, au nord comme au sud, aux transformations du capitalisme néolibéral et à ses effets sur les ordres sociaux ? Comment penser protestation et mobilisation en dehors de la bibliothèque la plus routinisée de la sociologie des mouvements sociaux ? Quels effets la division internationale accrue du travail militant produit-elle sur la forme d’expression des intérêts ? Autant de questions que ce séminaire s’emploiera à examiner à partir de l’examen de travaux à forte densité empirique.

Chaque séance s’appuie la lecture préalable de textes publiés ou liés à des recherches en cours.

Validation du cours : assiduité complète et travail personnel.

Direction de travaux d’étudiants : oui

Encadrement d’étudiants au niveau master et doctorat.

Réception : sur rendez-vous.

Niveau requis : ouvert aux étudiants en master, doctorat et auditeurs libres.

Adresse électronique de contact : johanna.simeant@ens.fr

Programme :

18 octobre : 

  • Introduction par J Siméant-Germanos (autour de Sociologie des crises politiques de Michel Dobry)

 8 novembre 2019 : 

  • Agathe Menetrier présentera et discutera le livre d’Amélie Le Renard, Le Privilège occidental. Travail, intimité et hiérarchies postcoloniales à Dubaï (Presses de Sciences Po.). Paris 
  • Aube Richebourg interviendra sur sa thèse, « Comparer les terrains militants français et allemands pour l’internet décentralisé : théories, premiers enseignements et perspectives »

 

6 décembre 2019 : (séance reportée du fait du mouvement social)

 

10 janvier 2020 : 

  • Mathilde Beaufils présentera et discutera le livre de Sylvain Laurens (2019). Militer pour la science : les mouvements rationalistes en France (1930-2005). Paris : Éditions EHESS.
  • Clémentine Lehuger interviendra sur sa thèse, « Les autochtones de la République à Mayotte »

 

31 janvier 2020

  • Julien Allavena présentera et discutera le livre de James Scott (2019). Homo domesticus : une histoire profonde des premiers États.
  • Agathe Menetrier interviendra sur sa thèse, « De Goor-Jigen à réfugiés LGBT : des jeunes Gambiens queer remontent la chaîne du système international de l’asile depuis Dakar au Sénégal ».

 7 février 2020 : 

  • Aube Richebourg présentera et discutera le livre de Sébastien Michon (2019). A l’école des eurocrates : la genèse de la vocation européenne.
  • Amine Ben Mami interviendra sur sa thèse, « Entrer en politique... en tant qu’"expert" de la société civile ? Quelques parcours de jeunes salariés chargés de projet dans des associations tunisiennes »

 13 mars 2020 : 

  • Mathilde Tarif présentera et discutera le livre d’Alexis Spire (2018). Résistances à l’impôt, attachement à l’État : enquête sur les contribuables français. Paris : Éditions du Seuil
  • Camille Popineau interviendra sur sa thèse, « Du bon gouvernement criminel : pouvoir, violence et mimes étatiques en zone rebelle »

 24 avril 2020 : 

  • Marianne Saddier présentera et discutera le livre de Yann Raison du Cleuziou (2019). Une contre-révolution catholique : aux origines de la Manif pour tous.
  • Laure Traoré interviendra sur sa thèse, Laure Traoré interviendra sur sa thèse, « Campagnes partisanes. Formes de la politisation et de la mobilisation électorale à Bamako (Mali) 2012-2016 »

 15 mai 2020 : 

  • Un.e doctorant.e présentera et discutera le livre de Mathieu Hauchecorne (2019). La gauche américaine en France : la réception de John Rawls et des théories de la justice (1971-2010). Paris : CNRS éditions
  • Gabriel Rosenman interviendra sur sa thèse, "Sociohistoire des caisses de grève"