Arpenter le politique - Terrains du conflit et de la légitimation

Johanna Siméant-Germanos

Vendredi 9:00-12:00 (8 dans l’année) à partir du vendredi 12 octobre 2018, salle R 1 08, Jourdan

Séances : 12/10, 16/11, 14/12, 18/1, 22/2, 29/3, 10/5, 7/6

Suivi et validation pour le master : Mensuel annuel (8x3 h = 24 h = 6 ECTS)

Ce séminaire de lecture entend échapper aux routines qui affectent aujourd’hui les sciences sociales au travers de cloisonnements disciplinaires et sous-disciplinaires accrus, et de stratégies scientifiques qui tendent à promouvoir des descriptions binaires des débats des sciences sociales pour pouvoir feindre de les dépasser. A cette situation correspondent aussi des choix d’objets empiriques de plus en plus contraignants dans un environnement de la recherche en tension, avec l’imposition soit de formes mécaniques de comparatisme international appuyées sur des bases de données pauvres, soit de choix d’objets empiriques délimités et restreints supposés illustrer, logique du projet oblige, une démonstration préprogrammée. En pâtissent certains projets de connaissance qui supposeraient davantage de tâtonnements, de rupture avec des objets déjà là, pour saisir des objets massifs qui ne tiennent pas dans une seule question et demandent des démarches coûteuses en temps et en énergie, individuelle ou collective.

La science politique, et plus exactement les sciences sociales du politique, n’échappent pas à ces effets de cloisonnements (sociologie des mouvements sociaux, des relations internationales, de l’action publique, des professionnels de la politique…) qui produisent mécaniquement de faux dépassements. Pourtant, certaines des recompositions les plus marquantes des formes du gouvernement contemporain nécessitent aujourd’hui de connecter des savoir-faire empiriques et des réflexes théoriques propres à des bibliothèques souvent très spécifiques : économie politique, sociologie des transformations des mondes professionnels, de la sous-traitance au secteur associatif, professionnalisation du militantisme politique, effets du new public management et des injonctions de certaines organisations internationales sur l’État, questions particulièrement travaillées dans les travaux d’études aréales… Comment, par exemple, penser l’action nationale et internationale de militants africains en prenant en compte leur connexion aux niches critiques du monde du développement – alors même que ce développement transforme aussi les formes de l’action, sans toutefois qu’il ne fasse de ces militants des idiots utiles de la mondialisation ? Que doivent les capacités de légitimation et de répression des régimes politiques, au nord comme au sud, aux transformations du capitalisme néolibéral et à ses effets sur les ordres sociaux ? Comment penser protestation et mobilisation en dehors de la bibliothèque la plus routinisée de la sociologie des mouvements sociaux ? Quels effets la division internationale accrue du travail militant produit-elle sur la forme d’expression des intérêts ? Autant de questions que ce séminaire s’emploiera à examiner à partir de l’examen de travaux à forte densité empirique.

Chaque séance s’appuie la lecture préalable de textes publiés ou liés à des recherches en cours.

Validation du cours : assiduité complète et travail personnel.

Direction de travaux d’étudiants : oui

Encadrement d’étudiants au niveau master et doctorat.

Réception : sur rendez-vous.

Niveau requis : ouvert aux étudiants en master, doctorat et auditeurs libres.

Adresse électronique de contact : johanna.simeant@ens.fr

 

 

 

 

Programme de l’année 2018-2019

 

Vendredi 12 octobre, 9h00-12h00, salle R 1 08 :

- Introduction générale au séminaire.

- Tour de table et présentation générale.

- Un modèle d’unité des sciences sociales autour du politique : retour sur Paul Veyne, Le pain et le cirque : sociologie historique d’un pluralisme politique, Paris, Éd. du Seuil, 1976.

Vendredi 16 novembre, 9h00-12h00, salle R 1 08 :

- Maai Youssef présentera le livre d’Étienne Ollion, Raison d’État : histoire de la lutte contre les sectes en France, Paris, La Découverte, 2017

- Marianne Saddier interviendra sur sa thèse dans une intervention intitulée : « Être anti-rebelle lorsqu’on vient du Nord du Mali ? Les élites songhay à Bamako face à la crise ».

 

Vendredi 14 décembre, 9h00-12h00, salle R 1 08 :

- Clémentine Lehuger présentera le livre de Frédérique Matonti, Le genre présidentiel : enquête sur l’ordre des sexes en politique, Paris, La Découverte, 2017

- Rodolphe Demesteere interviendra sur sa thèse dans une intervention intitulée « Réformer l’économie des townships sud-africains - genèse socio-politique de la bureaucratisation du secteur des échoppes après les violences xénophobes de mai 2008 au Cap »

 

Vendredi 18 janvier, 9h00-12h00, salle R 1 08 :

- Agathe Menetrier présentera le livre d’Isabelle Coutant, Les migrants en bas de chez soi. Paris, Seuil, 2018.

- Maaï Youssef interviendra sur sa thèse dans une intervention intitulée « Frères de Révolution ? Migrants syriens dans l’Égypte post-2011 »

 

Vendredi 22 février, 9h00-12h00, salle R 1 08 :

- Lucile Gallardo présentera le livre de Guillaume Lachenal, Le médicament qui devait sauver l’Afrique : un scandale pharmaceutique aux colonies, Paris, la Découverte, 2014

- Amine Ben Mami interviendra sur sa thèse dans une intervention intitulée « Experts, militants ou lobbyistes ? Professionnalisation et autonomisation des associations de democracy watchdogs en Tunisie »

 

Vendredi 29 mars, 9h00-12h00, salle R 1 08 :

- Guillaume Vadot présentera le livre d’Antoine Rayroux, L’Union européenne et le maintien de la paix en Afrique, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2017

- Denia Chebli interviendra sur sa thèse dans une intervention intitulée « La guerre au Mali : d’une lutte politique à des conflits communautaires ? »

Vendredi 10 mai, 9h00-12h00, salle R 1 08 :

- Aube Richebourg présentera le livre de Laurent Bonelli et Fabien Carrié, La fabrique de la radicalité : une sociologie des jeunes djihadistes français, Paris, Seuil, 2018.

- Mehdi Labzaé interviendra sur sa thèse dans une intervention intitulée « Écarts à la norme, accumulation et politique de l’anti-corruption dans l’éthiopie contemporaine » 

Vendredi 7 juin, 9h00-12h00, salle R 1 08 :

- Amine Ben Mami présentera le livre de Guillaume Courty et Julie Gervais, Le lobbying électoral : groupes en campagne présidentielle.

- Paul Grassin interviendra sur sa thèse dans une intervention intitulée « Maintenir l’ordre au quartier. Policiers, habitants et partisans dans les quartiers populaires du Malawi »