Sciences sociales de l’enfance

Wilfried Lignier, chargé de recherche CNRS

Julie Pagis, chargée de recherche CNRS

S2 – 1,5 crédits

Puisque « le point de vue échappe à l’objet », on ne devrait jamais décréter a priori que tel ou tel aspect du monde qui nous entoure échappe, en lui-même, au regard des sciences sociales. D’un autre côté, peut-on oublier cette sorte de division spontanée du travail intellectuel qui veut que certains objets, pré-construits en société, paraissent pour ainsi dire relever naturellement de certaines disciplines (ou ensemble de disciplines) - et pas d’autres ? De ce point de vue, c’est peu dire que l’étude l’enfance n’appartient pas aux sciences sociales. Lorsqu’il s’agit de parler publiquement (c’est-à-dire, entre autres, légitimement) des enfants, lorsqu’il s’agit d’expliquer comment ils grandissent, pourquoi ils pensent comme ils pensent, ou encore ce qui les pousse à agir, on attend bien moins le sociologue, le politiste, l’historien ou l’anthropologue que les divers « psy », les chercheurs en sciences cognitives, médicales ou bilogiques. Les sciences sociales n’auraient-elles rien à dire sur l’enfance et les enfants ? Elles n’ont en tout cas pas tout à fait rien dit. La vocation de ce séminaire est avant tout d’étayer ce constat, textes à l’appui. Au-delà, il s’agit de proposer un lieu pluridisciplinaire, où sont exposées et discutées des recherches aussi bien classiques que récentes, et où peuvent se forger des recherches à venir. L’enjeu est de décloisonner l’étude de l’enfance et de la socialisation, en partant du principe qu’un ensemble de travaux, certes dispersés par des inscriptions disciplinaires variées (sociologie, anthropologie, histoire, science politique, mais aussi sociolinguistique et psychologie culturelle), contribuent de fait à la constitution de véritables sciences sociales de l’enfance. Ce séminaire sera aussi l’occasion d’envisager l’enfance sans oublier qu’il s’agit d’une réalité historiquement et socialement différenciée, qu’elle demeure cadrée par des dynamiques institutionnelles, qu’elle est constamment informée par des enjeux d’éducation et de reproduction, ou encore qu’elle appelle des méthodes d’enquêtes diversifiées et réflexives. Le séminaire est ouvert à des étudiants depuis la L3 jusqu’au Doctorat.

La validation repose généralement sur un compte-rendu de recherche et dépend des établissements d’inscription (ENS, EHESS, Paris 1-Panthéon-Sorbonne...).

8 séances de 2h

Mercredi de 9h à 11h, à partir du mercredi 6 janvier 2016 jusqu’au mercredi 20 avril 2016, ENS Jourdan, salle à préciser.