Parenté pratique, espace, migrations

Consuelo Araos (Centre Maurice Halbwachs)

Jennifer Bidet (Mcf Université Paris-Descartes, Cerlis)

Amélie Grysole (Centre Maurice Halbwachs/INED)

Pascal Mulet (Centre Maurice Halbwachs)

Florence Weber (professeur ENS, Centre Maurice Halbwachs)

S1 et S2, 6 ECTS

Mercredi 14h-16h, ENS Jourdan salle 8, 16 & 30 novembre 2016, 11 & 18 janvier, 1 & 15 février, 1, 15 & 29 mars, 19 avril, 3 & 17 mai 2017

Le séminaire se donne pour but d’interroger l’assise spatiale de la parenté pratique, de saisir le rôle de l’espace dans la production de la parenté. Il s’agit de réfléchir aux modes de la co-production des liens et des lieux de la parenté - autant dans le cadre de la migration que de la proximité résidentielle (ou de toute autre configuration)/autant dans des configurations de grande proximité résidentielle que d’éloignement important des membres du groupe de parenté (notamment dans le cas de migrations internationales). Le séminaire invite également à réfléchir aux méthodes et outils des sciences sociales pour saisir et analyser ces configurations spatiales de la parenté, d’un point de vue monographique, statistique ou encore comparatif.

Plutôt que d’opposer théoriquement parenté corésidente et parenté transnationale, rapprochement et éloignement résidentiels, il s’agit de questionner dans une même approche les processus de mise en forme de la parenté dans leur dimension spatiale, en lien avec leurs dimensions économique, politique et affective. Cette dimension spatiale des liens de parenté est à resituer dans des contextes spécifiques (technologies de la communication et de la mobilité, politiques publiques de l’habitat et de la migration, par exemple) et se construit par un travail matériel et symbolique de l’espace (émergence d’un lieu des "rendez-vous familiaux", mise en place de frontières et de règles de circulation entre plusieurs résidences, production des cadres de perception du "loin" et du "proche", constitution de "centres" et de "marges" par exemple).

Ainsi, divers types de configuration émergent dans l’analyse de la dimension spatiale de la parenté pratique, et avec elles plusieurs questions théoriques et méthodologiques. Comment les groupes de parenté se construisent-ils concrètement en construisant ces lieux de la parenté ? Quelles sont les unités d’analyse pertinentes pour saisir ces pratiques spatiales et matérielles de la parenté, ou encore pour les comparer lorsqu’elles sont observées dans des contextes a priori très différents ? Comment aborder cette notion d’espace pour analyser tout autant l’intérieur du bâtiment d’une maisonnée cohabitante qu’une configuration résidentielle de proximité ou encore qu’une maisonnée transnationale ? Et comment, avec quels outils (théoriques, techniques, et même discursifs), le présenter de manière à la fois synthétique et heuristique ? C’est ce type de questionnement que le séminaire vise à développer à partir de présentations d’études empiriques.

Le séminaire accueille des participant.e.s engagé.e.s dans des enquêtes ethnographiques in vivo ou sur archives, pouvant mobiliser aussi des données quantitatives, à différentes échelles, locales, nationales, transnationales, et dans différentes aires culturelles, que ce soit en milieu urbain ou rural et à propos de tout type de classe sociale. Les séances seront organisées autour de la discussion de travaux de chercheur/se.s et doctorant.e.s issu.e.s de différentes disciplines et utilisant différentes méthodes.

Mots-clés : parenté, espace, migration, logement, habitat

Aires culturelles : transnational/transfrontières.

Ce séminaire est validable dans plusieurs formations de l’EHESS et de l’ENS.

La validation repose généralement sur un compte-rendu de recherche et dépend des établissements d’inscription (ENS, EHESS, Dauphine, Paris I-Panthéon-Sorbonne…).

PROGRAMME

Séance 1 (mercredi 16 novembre 2016) (salle 8)

Séance introductive

Séance 2 (mercredi 30 novembre 2016) (salle 8)

Espace et parenté contemporaine : quelles catégories anthropologiques ?

Joao de Pina-Cabral (Univ. of Kent, professeur invité ENS). La vicinalité et l’identité continuée.

Séance 3 (mercredi 11 janvier 2017) (salle F)

Cartographier et schématiser l’organisation spatiale de la parenté : approches de géographes

Christophe Imbert (Univ. Poitiers, Migrinter). Cartographier les familles sans figer leur fonctionnement : un défi méthodologique.

Thomas Pfirsch (Univ. de Valenciennes, Géographie-Cités). Représenter l’organisation territoriale de la famille dans la ville : bricolages cartographiques à Naples.

Séance 4 (mercredi 18 janvier 2017) (salle 8)

Rester et revenir : migration et mutation de la vie locale

Juliette Cleuziou (Univ. Paris X, LESC). Les migrations vues par « celles qui restent » : relations conjugales et familiales dans les foyers de migrants au Tadjikistan

Azita Bathaïe (Univ. Paris X, LESC). Ce que les mobilités font au rapport de génération dans un quartier chiite de Kaboul.

Séance 5 (mercredi 1er février 2017) (salle 8)

 La parenté dans le logement social : entre normalisation institutionnelle et pratiques quotidiennes

Camille François (Univ. Paris 8, CSU-CRESPPA) Une dette populaire. Ethnographie économique de l’endettement locatif chez un bailleur social municipal.

Séance 6 (mercredi 15 février 2017) (salle 8)

Le foyer comme objet des sciences sociales : la production du domestique

Florencia Munoz (IIAC/EHESS). Interroger la cuisine : migration rurale-urbaine et transformation de l’espace domestique à Santiago, Chili.

Pierre Gilbert (Univ. Paris 8, CRESPPA-CSU). Les classes sociales au foyer. Sociologie de l’espace domestique.

Séance 7 (mercredi 1er mars 2017) (salle 8)

Habitats précaires et parenté

Amanda Dias (IIAC-LAUM, CRBC, EHESS). Construction de l’espace physique et du “chez soi” dans deux espaces en marge. Une approche comparative du camp de Beddawi au Liban et de la favela d’Acari à Rio de Janeiro.

Discutant : Benoît De l’Estoile (ENS, CMH-ETT)

Séance 8 (mercredi 15 mars 2017) 16h-18h (salle E1010)

La parenté contre le ménage : comment saisir les groupes de parenté complexes dans les enquêtes statistiques ?

Franck Temporal (Univ. Paris Descartes, Ceped). Ménages et logements dans l’enquête Migrations, Famille, Vieillissement (INED) (titre provisoire).

Philippe De Vreyer (Univ. Paris Dauphine, DIAL). Mesurer les inégalités au sein des ménages étendus : l’exemple de l’enquête Pauvreté et Structures Familiales au Sénégal.

Séance 9 (mercredi 29 mars 2017) (salle 8)

Maisons vides : interroger les logements inhabités

Cette séance sera consacrée à une discussion sur la question des logements inhabités, c’est-à-dire qui ne remplissent pas (ou rarement) leur fonction résidentielle. Dans quelle mesure les maisons vides participent-elles de configurations d’habitation plus larges ? La non-occupation résidentielle peut-elle être considérée comme une véritable pratique de l’habiter ? Quelles sont les implications des pratiques de non-occupation résidentielle si on les analyse à l’échelle individuelle, de groupes domestiques, du marché du logement privé ou des politiques de logement social ? Les organisateur/trice.s lanceront la discussion en présentant des cas tirés de leurs terrains respectifs.  

Séance 10 (mercredi 19 avril 2017) (salle 8)

Faire maison dans un réseau global de parenté (titre provisoire)

Karen Fog Olwig (Univ. Of Copenhagen). The “Space" of Long-distance Family Relations before and after Modern Communication Technologies – Perspectives from Caribbean Migration.

Séance 11 (mercredi 3 mai 2017) (salle 8)

Séance de présentation des travaux des mastérien.ne.s

Séance 12 (mercredi 17 mai 2017) (salle 8)

Séance conclusive