Entrer et rester en guerre au Mali

Johanna Siméant-Germanos (ENS, CMH), Grégory Daho (Paris 1-CESSP), Florent Pouponneau (Strasbourg-SAGE)

24h en 12 séances de 2h, les vendredi 13/10, 3/11, 24/11, 8/12, 12/1, 26/1, 9/2, 9/3, 23/3, 7/4, 4/5, 18/5 de 14h30 à 16h30.

Début 13/10, salle R 3.46

Travailler sur l’international ne suppose pas forcément des enquêtes multisituées. Ce séminaire se propose de mobiliser, entre autres, le legs des travaux de Graham Allison en matière de bureaucratic politics en essayant de travailler collectivement à l’analyse d’une séquence de décisions relative à ce qui est parfois désigné comme de la « haute » politique (la guerre, les interventions internationales…), et en considérant que cette politique, parfois jugée comme relevant de l’exceptionnalité, relève tout autant que d’autres secteurs du gouvernement de logiques ordinaires d’opposition bureaucratiques, de carrières et groupes professionnels spécifiques au sein de l’administration , de solutions déjà là pour faire face à des problèmes…

Pour la première année de cet atelier, on travaillera sur la production de l’intervention française au Mali. Cet épisode a pu être interprété comme marquant une nette prééminence du ministère de la défense (par rapport au ministère des affaires étrangères), et, à un moment où se discutaient les budgets des armées et où l’enjeu était aussi de défendre le rôle des armées françaises, on a pu souligner dans cette décision d’intervenir le rôle du général Benoît Puga, alors chef d’état-major particulier de François Hollande.

Après 3 ou 4 séances de cadrage théorique et d’invitations de chercheurs partageant l’orientation de cet atelier, ce dernier lancera une enquête collective, visant à publications, tentant d’objectiver certaines logiques de ces univers, d’obtenir des entretiens et d’effectuer des observations auprès d’une partie de ceux qui peuplaient l’administration, de la défense et des affaires étrangères, ainsi que des think-tanks français (notamment ceux liés à la défense), sans oublier les instances de négociation multilatérales. Le propos de cet atelier est aussi de montrer que les univers qui peuvent sembler les plus fermés et relever du régalien sont aussi objectivables que les autres, et pas si fermés à l’enquête qu’on pourrait l’imaginer.