Immigration, race et classe : socio-histoire des populations immigrées

Anton Perdoncin, agrégé préparateur

Ce cours d’introduction prend la suite du séminaire « Lire les migrations avec les sciences sociales » assuré de 2014 à 2016 avec Jennifer Bidet. Voir programmes en fin de page.

Description du cours

Les travailleurs et travailleuses immigrés font partie du monde du travail en France au moins depuis la fin du XIXe siècle, et ont dès lors été les objets de politiques de sélection et de contrôle visant à mettre en adéquation leurs qualités (réelles ou imaginées) et les besoins en main-d’œuvre de l’économie des pays d’arrivée. Longtemps invisibilisés en tant qu’acteur collectif des luttes sociales, les travailleurs immigrés s’imposent, en France, comme figure sociale dans les années 1970. Représentation légitime de la présence durable, dans la société française, d’individus nés à l’étranger, cette figure s’efface dans les années 1980 et 1990 au profit d’autres, comme celle du sans-papier, ou du descendant d’immigré.

Quant aux thématiques structurantes des sciences sociales de l’immigration, relatives au travail et au rôle de l’immigration dans la constitution et les luttes sociales de la classe ouvrière, elles semblent laisser la place à des travaux se donnant pour tâche de comprendre les discriminations (parfois qualifiée de « post-coloniales ») et les diverses formes de racisme dont sont l’objet les immigrés et leurs descendants. Certains tâchant également d’expliquer les écarts de comportements constatés entre populations minoritaires (les immigrés et leurs descendants) et majoritaires par des facteurs culturels inférés d’une origine ethnique. La question ethnique ou raciale recouvrirait-elle alors la question de la classe dans l’analyse du phénomène migratoire ?

C’est tout l’enjeu de ce cours que de montrer la manière dont on peut, à profit, articuler analyse des rapports sociaux de classe et de race, dans l’analyse d’un siècle et demi de présence immigrée, afin de comprendre la manière dont les populations immigrées ont été, et sont toujours, objet de politiques, et dont elles se sont installées dans les usines, les bureaux, les commerces et les quartiers.

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Ce cours d’introduction sera ainsi l’occasion de revenir sur des travaux classiques de sociologie et d’histoire de l’immigration, et d’étudier les travaux les plus récents relatifs au rôle de l’État et des entreprises dans la fabrique des politiques migratoires, à la manière dont colonisation et de décolonisation ont modelé et légitimé des formes de traitement spécifiques des populations immigrées, et à la place des immigrés dans les rapports sociaux de production (positions professionnelles, carrières, principes de segmentation de la main-d’œuvre).

La construction de l’objet migration, et sa traduction dans les différentes disciplines des sciences sociales, seront aussi au cœur des interrogations de ce cours. Nous examinerons notamment la manière dont les questions posées par les sciences sociales se sont construites (tout) contre celles posées dans la sphère politique (enjeux de « l’intégration » des immigrés, instrumentalisation du racisme, mobilisation politique d’immigrés ou pour la cause des immigrés, etc.).

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Organisation de l’année

8 séances de 3h au second semestre - 6 ECTS

Salle à préciser, ENS Jourdan

Calendrier : Lundi de 14h à 17h : 8/1/18, 22/1/18, 5/2/18, 5/3/18, 19/3/18, 9/4/18, 7/5/18, 28/5/18

Validation : assiduité complète et exercice final

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