Ethnographie économique : territoires et mobilités

Environnement et territoires : dystopies (ENS-Paris 1)

jeudi 23 avril, mercredi 13 mai et jeudi 4 juin 2020, ENS Campus Jourdan, salle R3-35 

S2, 30h, 6 ECTS (2 ECTS par journée validée)

Le séminaire est ouvert. Sa validation suppose une inscription avant le 2 décembre 2019 auprès de Florence Weber, en précisant votre thème de recherche accompagné d’une bibliographie succincte, quelle journée vous souhaitez valider, et à quelle discussion vous souhaitez participer.

Ces trois journées d’études sont organisées par Florence Weber (Professeure à l’ENS, CMH) et Laurent Feller (Professeur à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, LAMOP). Elles sont ouvertes aux étudiants de licence, master et doctorat en toutes disciplines (sciences, lettres, sciences sociales). La validation se fait par journée d’études, et consiste en un travail personnel de préparation et de valorisation de la journée, à discuter avec un des responsables du séminaire. Elles devront déboucher rapidement sur des publications dans des revues de type "AOC" ou "L’impartial", sur des sujets à la convergence de l’histoire et de la sociologie économique. A chaque fois, la parole sera répartie entre des historiens (antiquisants, médiévistes, modernistes et contemporanéistes en fonction du sujet) et des spécialistes des autres sciences sociales (anthropologie économique, sociologie économique, science politique, géographie, démographie...).

Les journées d’études :

1ère journée. Produire-Détruire

a. La forêt

b. Les cultures industrielles et vivrières

2ème journée. Echanges marchands : institutions et lieux

a. Marchés et foires (produits agricoles, produits alimentaires)

b. Villages et paroisses : habiter et échanger en milieu rural

3ème journée. Effondrements

a. Crises écologiques anciennes (Moyen Âge & Temps Modernes)

b. Crise écologique contemporaine (Afrique, Italie et Balkans)

Une année de recherches partagées en histoire et en ethnographie économique au LAMOP (Paris 1) et au CMH (EHESS&ENS) sur les processus d’enrichissement et d’appauvrissement des territoires à l’oeuvre au Moyen Âge et dans le monde contemporain a débouché sur l’organisation de rencontres entre chercheurs, dédiées à la production, à la consommation et aux échanges de produits agricoles (pêche comprise), alimentaires ou non. On laisse de côté provisoirement la question de l’épuisement des ressources minières, souterraines et sous-marines. C’est de la destruction (ou de la préservation) de l’environnement par des activités agricoles (pêche comprise), destinée ou non à nourrir l’humanité, qu’il sera question.

Comment analyser les processus contemporains d’aggravation des inégalités territoriales (économiques, sociales et environnementales) ? Ces journées d’études se proposent de tirer un bilan des recherches qui portent sur l’espace (habité, exploité, parcouru), sur les pratiques résidentielles des individus et des familles (migrations quotidiennes ou à l’échelle d’une vie, déplacements contraints, choisis ou refusés), sur les pratiques de production et de consommation alimentaires et sur les marchés dont elles dépendent, sur l’émergence et la disparition des professions de soutien à la vie quotidienne (infrastructures, commerce, santé, éducation, services aux personnes), en comparant les transformations contemporaines avec différentes périodes de l’histoire, de façon à examiner les liens entre politiques publiques et vie quotidienne, à différentes échelles et dans différents domaines (transports, politiques sanitaires, sociales et éducatives, politiques économiques) et leurs effets (résistance, renforcement voire conséquences directes) sur la croissance exponentielle des inégalités territoriales.

L’objectif de ces journées est de faire dialoguer ethnographes et historiens soucieux de la dimension économique des phénomènes observés (microéconomie de la consommation, macroéconomie de la croissance et des crises, éconmie spatiale, géographie économique) pour les replacer dans la longue durée, le but étant d’éclairer les transformations structurelles actuelles en les rapportant à celles déjà opérées dans le passé.

On partira de l’analyse des territoires vus d’en bas en abordant les réalités vécues (mutations de l’habitat, appauvrissement et enrichissement des ménages) à l’aune de l’exposition des ménages à des externalités positives ou négatives, de l’entretien ou de la destruction de biens communs ou de biens collectifs), aussi bien de nos jours que dans des périodes anciennes, de façon à remonter la chaîne des réseaux informels et des niveaux officiels de la décision politique (ou de son absence). On cherchera à mettre en évidence ce qui se passe entre le temps très court de la conjoncture économique et de la politique électorale, et le temps très long de l’anthropocène, pour combler le fossé entre le temps géologique et le temps des biographies humaines.

Les travaux menés au cours de l’année précédente sur des marchés (marchés alimentaires, marchés fonciers) et sur des espaces touchés par les évolutions récentes (territoires ruraux confrontés au vieillissement de leur population, au départ des jeunes et à l’arrivée de nouveaux résidents ; villes petites ou moyennes ayant subi un processus de désindustrialisation ; quartiers des zones métropolitaines en cours de valorisation ou de dévalorisation), en France, en Europe et dans le monde, seront mis en perspective avec les recherches des conférenciers invités.

Il sera possible de combiner la participation à ce séminaire et la participation au stage de terrain organisé par Jean-Robert Dantou et Florence Weber du 27 avril au 3 mai 2020.

Les élèves intéressés peuvent contacter immédiatement l’un des responsables pour envisager leur participation à l’élaboration de ces journées.

Renseignements : florence.weber@ens.fr, Laurent.Feller@univ-paris1.fr